Marmelade d’oranges amères à l’anglaise

marmelade d'oranges amères recette anglaise

La recette anglaise de marmelade de bigarades repose sur trois étapes dans un ordre précis : un trempage d’au moins 12 heures, une première cuisson à feu doux pendant 2 heures jusqu’à ce que les écorces soient translucides, puis l’ajout du sucre et la cuisson jusqu’au point de prise à 104 °C. Si vous craignez une marmelade trop amère, deux paramètres sont directement dans votre main : retirer soigneusement l’albédo – la partie blanche sous le zeste – et choisir des fruits bien mûrs. La saison des bigarades court de novembre à mars, avec un pic en janvier et février : c’est maintenant qu’il faut se lancer.

Pourquoi la bigarade et pas une orange classique

La bigarade (Citrus aurantium) contient un taux de pectine nettement plus élevé que l’orange douce. C’est cette pectine naturelle qui assure une prise ferme et une belle transparence ambrée, sans avoir besoin d’ajouter de la pectine industrielle. Avec une orange douce à la place, la texture sera moins assurée et il faudrait probablement recourir à un gélifiant, ce qui change la nature même de la recette.

En magasin, la bigarade se distingue de l’orange douce par sa taille légèrement plus petite – autour de 7 à 8 cm de diamètre – et une peau souvent plus rugueuse, plus foncée, avec un aspect irrégulier. Elle ne sent pas vraiment bon crue : c’est normal, son jus est trop amer pour être bu tel quel. Si vous l’avez trouvée, vous avez le bon fruit.

Ingrédients et proportions pour 5 pots

Ces quantités correspondent à la recette anglaise classique. Elles permettent de faire ses courses sans calcul :

  • 675 g de bigarades bio
  • 1 orange à jus (pour adoucir légèrement et apporter du jus supplémentaire)
  • 1,6 litre d’eau
  • 1 kg de sucre

Le rendement attendu est de 5 à 6 pots de 250 g avec ces quantités. Sur 1 kg de bigarades, le rendement monte à 1,4 à 1,6 kg de marmelade finie.

Choisissez des bigarades bio : les zestes entrent dans la recette, et la qualité de la peau compte autant que celle du jus. L’orange à jus, plus douce, vient équilibrer sans dénaturer.

Préparer les fruits : le geste qui contrôle l’amertume

  1. Lavez soigneusement tous les fruits sous l’eau froide, en frottant la peau.
  2. Coupez les bigarades en deux et pressez-les pour recueillir le jus. Réservez les pépins séparément : ils sont riches en pectine et cuiront dans un nouet de mousseline ou une étamine nouée.
  3. Retirez l’albédo – la couche blanche entre le zeste et la chair – avec une cuillère ou un couteau d’office. C’est l’albédo qui concentre l’amertume la plus agressive. Plus vous en enlevez, plus la marmelade sera douce ; à vous de trouver l’équilibre selon votre goût, en sachant qu’un peu d’albédo est utile pour la tenue de l’écorce.
  4. Détaillez les écorces en lanières fines, d’une épaisseur régulière pour une cuisson homogène. L’épaisseur détermine la texture finale : fines pour une marmelade fine-cut à l’anglaise classique.
  5. Pressez l’orange à jus et ajoutez son jus aux bigarades.

Le deuxième levier contre l’amertume est la maturité des fruits. Une bigarade cueillie trop tôt contient davantage de composés amers, difficiles à corriger après coup. Si vos fruits ont été achetés en cœur de saison et semblent lourds pour leur taille, vous êtes en bonne position.

Le trempage et la première cuisson

  1. Placez les lanières d’écorces, le jus, le nouet de pépins et l’eau dans une grande casserole – idéalement une bassine à confiture ou une cocotte large à fond épais.
  2. Laissez tremper au minimum 12 heures, couvert, à température ambiante. Ce trempage ramollit les fibres des écorces et commence à extraire la pectine des pépins. Un trempage plus court rend les écorces plus dures à cuire et compromet la texture finale.
  3. Portez à frémissement, puis maintenez une cuisson à feu doux pendant 2 heures. Les écorces doivent devenir translucides et suffisamment tendres pour être écrasées entre deux doigts sans résistance. C’est le signe que la pectine a été bien libérée et que les fibres sont prêtes à absorber le sucre.
  4. Retirez le nouet en le pressant bien contre le bord de la casserole pour extraire toute la pectine qu’il contient.

Ajouter le sucre et atteindre le point de prise

  1. Ajoutez le kilo de sucre hors du feu, en remuant pour bien le dissoudre avant de remettre la casserole sur la flamme.
  2. Montez à feu vif et portez à ébullition franche. Remuez régulièrement et écumez la mousse qui remonte en surface.
  3. Testez le point de prise à partir de 10 à 15 minutes d’ébullition. Deux méthodes :
  • Avec un thermomètre : la marmelade est prête quand la température atteint 104 °C. En dessous, elle restera liquide après refroidissement. Au-dessus, elle risque de cristalliser ou de durcir excessivement.
  • Sans thermomètre : posez une petite assiette au congélateur 10 minutes avant de commencer ce test. Déposez une demi-cuillère à café de marmelade sur l’assiette froide, attendez 30 secondes, puis poussez la goutte du doigt. Si elle fige, plisse et se ride sans couler, le point de prise est atteint. Si elle reste liquide, poursuivez la cuisson deux minutes et recommencez le test.

La technique du test sur assiette froide fonctionne pour toutes les confitures, à condition que l’assiette soit vraiment froide – sortie du congélateur, pas simplement du réfrigérateur.

Mise en pot et conservation

Dès que le point de prise est atteint, retirez la casserole du feu. Laissez reposer 10 minutes avant de remplir les pots : cela permet aux écorces de se répartir uniformément dans la gelée plutôt que de remonter en surface.

Versez la marmelade chaude dans des pots propres et secs, fermez aussitôt et retournez-les quelques minutes. Avant ouverture, la marmelade se conserve au minimum 1 an à température ambiante. C’est le taux de sucre – 1 kg pour 675 g de fruits, soit une proportion élevée – qui assure cette conservation dans la durée. Une fois ouverts, les pots se gardent au réfrigérateur.


Checklist de la recette

  • ☐ Fruits lavés, pressés, pépins mis de côté dans un nouet
  • ☐ Albédo retiré des écorces, écorces détaillées en lanières
  • ☐ Trempage effectué : minimum 12 heures avec l’eau et le jus
  • ☐ Première cuisson à feu doux : 2 heures, écorces translucides et tendres sous le doigt
  • ☐ Nouet retiré et bien pressé
  • ☐ Sucre (1 kg) ajouté hors du feu, bien dissous avant de remettre sur la flamme
  • ☐ Ébullition franche, test de prise effectué (104 °C ou goutte qui fige et se ride sur assiette froide)
  • ☐ Repos 10 minutes hors du feu avant mise en pot
  • ☐ Pots remplis chauds, fermés et retournés